INVESTITURES A BENNO : Ce qu’on attend de Macky Sall
Les responsables de la majorité qui n'ont pas pu s'entendre devront désormais se soumettre à la seule décision du Président.

INVESTITURES A BENNO : Ce qu’on attend de Macky  Sall

Président Macky SALL
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Par Babacar DIONE 

La situation ne pouvait prospérer. A force de se croire les maîtres du monde, les responsables de l’Alliance pour la République ont fini par exaspérer leur président. MackySall, n’en pouvant plus de ces guerres de positionnement interminables au sein de son parti, a décidé de sévir. Ou plutôt d’écraser les freins de cette locomotive incontrôlable qu’est devenue l’APR. Et ce n’est pas pour comparer avec le Parti démocratique sénégalais que Pape Samba Mboup décrit comme un camion sans frein conduit par un chauffeur ivre.

C’est que l’APR n’est pas aussi un bon exemple de solidarité entre responsables qui partagent les mêmes aspirations à l’émergence. Toutes les instances du parti, à commencer par les jeunes, bouillonnent par le seul fait de leaders préoccupés par une position de rente.  Ils sont à l’heure du pacco (partage), alors que Macky Sall appelle au pencco (dialogue).

Le président a senti des dérives qui commencent  à entacher son mandat. En effet, comment communiquer sur son bilan si ceux qui sont sensés le faire sont plutôt préoccupés à dénigrer leur camarade ou frère de parti. A lui chercher des poux pour l’étaler sur la place publique.

Au grand bonheur de l’opposition qui a compris très vite l’enjeu de ces législatives et, par conséquent, est en train de s’organiser pour tirer son épingle du jeu. Manko Taxawu Sénégal a déposé sa caution de 15 millions  de F Cfa et s’est barricadé pour confectionner ses listes. Au même moment, d’autres coalitions de l’opposition ont fini de résoudre leurs divergences et s’acheminent, déterminées, vers les Législatives du 30 juillet.

On n’attendait pas donc moins du Président Macky Sall pour remettre sa coalition sur les rails et rappeler à ses leaders l’urgence de l’heure.

Mais suffit-il seulement d’appeler à de larges concertations entre membres de Benno pour que l’équation soit résolue ?

On le sait, le problème de la majorité, c’est que chaque responsable veut non seulement figurer en pôle position sur les listes, mais se bat également pour que son poulain soit investi. C’est l’obstacle à Dakar comme dans beaucoup d’autres départements, minant ainsi les investitures.

Sans oublier que les alliés, à défaut de disposer de plus de représentants à l’Assemblée nationale, exigent tout au moins de conserver le même nombre d’élus. Ce qui s’avère quasi impossible compte tenu de l’ampleur prise par la transhumance. Il y a eu depuis 2012, des ralliements massifs de responsables politiques venus notamment de l’opposition.

Et puis, quelque soit ce que Moustapha Niasse et Ousmane Tanor Dieng, leurs secrétaires généraux respectifs puissent en penser, l’AFP et le PS ne sont pas  au même niveau de santé politique qu’en 2012.

Ils sont minés par des frondes avec les départs de Malick Gakou et de Khalifa Sall ou Aissata Tall Sall, s’ils n’ont pas tout simplement été saignés par l’APR.

C’est seulement en tenant compte de tous ces facteurs que la majorité parviendra à s’entendre sur l’essentiel.

A quelques heures de la date butoir du dépôt des listes fixée au 27 mai, le Président Macky Sall a entamé des concertations avec les différents responsables. A l’issue de ces audiences,  beaucoup de candidatures seront déclinées compte tenu du nombre incalculable de dossiers déposés.

Quelles que soient les listes qui lui seront présentées, on attend du Président Sall qu’il procède aux derniers réglages auxquels chaque militant, chaque responsable devra se soumettre.

Puisqu’en définitive, la prérogative d’un Président c’est d’avoir toujours le dernier mot.

 

Babacar DIONE







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