Le syndrome de la surcharge 20 ans après « Le Joola » VOYAGE DE GALÈRE DANS UN CAR TATA
Le syndrome de la surcharge 20 ans après « Le Joola » VOYAGE DE GALÈRE DANS UN CAR TATA

 Le syndrome de la surcharge 20 ans après « Le Joola » VOYAGE DE GALÈRE DANS UN CAR TATA

Le syndrome de la surcharge 20 ans après « Le Joola » VOYAGE DE GALÈRE DANS UN CAR TATA
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Le symbole du surnombre est aujourd’hui dans les transports publics terrestres. A l’occasion du 20e anniversaire du naufrage du Joola, Bés bi monte à bord du bus Tata de ligne 62. Récit d’un voyage de galère de Rufisque au centre-ville.

 

 

Il est midi passé de 35 minutes lorsque nous montons à bord, à l’arrêt de Keur Mbaye Fall. L’arrêt grouille de monde. Chacun attend avec impatience l’arrivée de son bus. L’attente peut être parfois longue. Pourtant, à cet arrêt, il n’y a même pas d’abris ou de bancs publics où s’asseoir pour se protéger du chaud soleil. Certains clients se réfugient aux abords du mur de la gendarmerie qui jouxte l’arrêt, en quête d’ombre.

À cet endroit cohabitent arrêt de transport en commun et un marché très animé, avec une pollution sonore d’enfer portée par les radios de la bande Fm. L’odeur des légumes, du poisson frais et du poisson séché embaume tout le décor. A côté des senteurs de poivre, de piment, d’ail, entre autres condiments qui chatouillent les narines. Au moment où les apprentis des « Cars rapides » et « Cars Ndiaga-Ndiaye » hèlent, par des cris stridents, les clients qui se regroupent çà et là, les véhicules les plus sollicités restent les bus Tata.

À l’image de la ligne 62. Dès que le 62 se pointe, c’est la ruée. Parmi cette foule de passagers en attente, chacun veut monter en premier. Une longue queue se forme aux alentours du véhicule, causant un début de bousculade. Mais, ils finissent tous par prendre place à bord. Le bus est plein à craquer. Ceux qui sont assis voyagent en toute quiétude. Certains tombent même dans les bras de Morphée et somnolent. Pendant que les uns bouquinent, les autres, écouteurs à l’oreille, dégustent de la bonne musique ou écoutent la radio. Ce, alors que les hauts parleurs du bus distillent une musique mise à fond par le chauffeur. Par contre, pour les passagers qui sont restés débout, c’est le début de la galère pour ce long trajet qui, du fait des embouteillages interminables de Dakar, peut durer des heures.

« Vous ne retenez jamais les leçons du passé »
Dans cet environnement difficile, les clients sont à fleur de peau et s’échauffent pour une petite poussette, un piétinement involontaire, etc. « Monsieur, regardez où vous mettez les pieds, vous me faites mal », peste ainsi d’un ton sévère, accompagné d’un « chiiip », une jeune fille de petite taille, crâne rasé et visage rempli de boutons. Le jeune homme, habillé d’un jean bleu, assorti d’un maillot blanc, non content de l’attitude de la fille, de rétorquer : « Vous êtes incorrecte, pourquoi vous me parlez ainsi ? Est-ce que je l’ai fait exprès ? Impoli, ‘ak sa niaway’ (moche) ». Un concert de rires s’élève dans le bus. « ’Ma dakk sa ndéye’ (ta mère est plus moche) », réplique-t-elle en sautillant, ouvrant gros les yeux.

Après ce brouhaha de quelques minutes, le calme revient. Arrivé à hauteur de Keur Massar, un monde fou qui attendait ce bus se bouscule et fait le forcing pour monter. Le receveur somme les clients de bouger pour faire de la place à ceux qui viennent de monter. « S’il vous plaît, il y a de la place au milieu bouger un peu, vous êtes méchants… », dit-il. Comme un concert de casseroles, les clients, dans une colère noire, ripostent : « Nous ne sommes pas des animaux, ni des prisonniers de Rebeuss. Le bus est plein, avec cette chaleur suffocante et les bouchons, ayez un peu de pitié et de respect. Les surcharges doivent être bannies dans ce pays ».

Le visage dégoulinant de sueur, un mouchoir rouge à la main, un homme renchérit : « Boy boulniou fonto’, tu es assis confortablement dans ta cage à perroquet et tu veux nous entasser comme des poissons pourris ». Il s’en suit des échanges de propos aigres et doux entre les clients, le receveur et même le chauffeur. Au bout d’un moment, le calme revient encore. Après un passage par l’autoroute, nous arrivons à hauteur du marché Hlm. Une dame, la cinquantaine dépassée, relance les débats. « Ce sont les receveurs et les chauffeurs qui sont la cause de ces conflits avec les clients dans les bus. Car, ils surchargent les bus et, de ce fait, on est au bord de l’étouffement. Vous ne retenez jamais les leçons du passé. N’oublions pas que c’est dans ce pays qu’il y a eu la tragédie du Joola », rappelle-t-elle. « Inconscients, tous coupables », renchérit un groupe de jeune habillés tous en maillot vert. On descend à l’arrêt. Mais ce ne sera pas l’arrêt de ces comportements dangereux.

Avec Emedia







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