Entre Khalifa Sall et Barthelemy Dias, la guerre est inévitable
Et pourtant tout était pour le mieux dans le monde de Khalifa Sall et Barthelemy Dias

Entre Khalifa Sall et Barthelemy Dias, la guerre est inévitable

Et pourtant tout était pour le mieux dans le monde de Khalifa Sall et Barthelemy Dias
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Et dire qu’ils étaient les meilleurs amis du monde. Le premier défendait le second sans ménagement. Le second se méfiait de son caractère impulsif et incontrôlé, mais n’en laissait rien apercevoir. Tout allait si bien dans le monde de Khalifa Sall et de Barthelemy Dias, être ensemble leur convenait si bien. 

Disons qu’au début, pendant la guerre engagée par l’ancien maire de Dakar contre son ancien mentor Ousmane Tator Dieng, le cœur de Barth battait pour son bienfaiteur Tanor Dieng. L’homme qui, de responsable d’un petit groupuscule dénommé Convergence socialiste, en a fait le responsable des Jeunesses socialistes contre l’avis de tous les caciques qui entourent aujourd’hui Khalifa Sall. A l’époque, il est vrai, Barth faisait fort contre le régime du Président Abdoulaye Wade. Et cette promotion lui ouvrait les portes du saint des saints des locataires de Colobane, le mytique Bureau politique du Parti socialiste que présidait Senghor lui-même.
Quand Barthelemy Dias est emprisonné pour un crime qu’il a avoué avoir commis, c’est encore Ousmane Tanor Dieng qui plaide le dossier de sa libération auprès de Macky Sall, devenu entretemps président de la République. Au prix justement de cette alliance sainte, Ousmane Tanor Dieng observera un allignement à Macky Sall que ne supportent plus tous ceux qui voient en Khalifa Sall un « possible président ».

Flairant le bon coup et pour sauver sa place de Maire de Mermoz-Sacré-Cœur lors des élections municipales de 2015, Barthelemy se range du côté du Maire Khalifa Sall. Le suppôt impulsif se montrera intraitable, quand il a fallu, à son tour, se battre pour libérer Sall de prison. Et attend maintenant… le retour d’ascenseur.

Barthelemy Dias veut occuper la place de maire qu’avait dû abandonner son mentor pour aller en prison. Il l’a annoncé, et voudrait le soutien déclaré de Khalifa Sall. Ce que ce dernier refuse, aidé par son entourage immédiat et… ses parents, qui accusent le « satanique » maire de Mermoz d’avoir engagé leur fils dans un combat meurtrier contre l’Etat et contre son ancien parti.

Les proches de Khalifa Sall déclarent ouvertement que jamais ils ne serviront d’escalier à Barthelemy Dias dans son désir insatiable de devenir maire d’une ville aussi prestigieuse que Dakar. « Aux mains d’un homme qui a avoué en direct sur les chaînes de télévision un meurtre » ? Ils assurent que si leur mentor s’aventurait à le soutenir, il perdrait et sa crédibilité et son avenir politique. Chose nouvelle depuis le décès de Tanor : tous ceux qui s’étaient opposés à Khalifa Sall par loyauté à leur ancien secrétaire général lui parlent maintenant pour le ramener à des positions plus conciliantes avec… le régime de Macky Sall, négocient la possibilité d’une… amnistie, à défaut d’une révision de son procès ! Pas question donc de soutenir Barthelemy Dias, qui ronge ses freins et prépare maintenant ses coups contre son désormais ex « frère ».

Barthelemy d’ailleurs, ne s’y trompe pas, qui saisit toutes les occasions possibles pour s’en prendre à l’entourage de Khalifa Sall, qui lui, peut pour l’instant se contenter de quelques gentilles piques sur sa « mollesse ».

Le pire pourrait être pour les semaines à venir, quand il sera claire aux yeux du maire de Mermoz-Sacré-Cœur, qu’il ne pourra pas compter sur le soutien de Khalifa Sall, pour monter en grade. Khalifa resté aphone et a pour l’instant, décidé de laisser la patate chaude à sa coalition. Une position que n’est pas prêt à accepter Khalifa Sall. Et si Barthelemy s’entêtait à se présenter, les khalifistes avertissent déjà qu’ils soutiendraient leur propre candidat, celui de l’opposition ou, comble de d’ironie, le candidat du pouvoir qui serait face à lui. Mais Dias n’a pas que Khalifa Sall à convaincre. Il lui faudra convaincre les responsables de Pastef, qui se verraient mal soutenir ce candidat sulfureux, potentiel rival.

 

Abdoulaye NDIAYE

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